Etes-vous prêt pour la révolution verte ?


Le dernier rapport du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) confirme que le réchauffement climatique, observé depuis 1950, est très vraisemblablement lié aux rejets de gaz à effet de serre produits par l’activité humaine.
Un terrible constat… mais qui recèle une petite lueur d’espoir : si ce phénomène est d’origine humaine, il est possible d’agir pour empêcher qu’il ne s’aggrave. À la suite du Grenelle de l’environnement, la France s’est ainsi engagée à supprimer de 20 à 25 millions de tonnes de CO2 d’ici à 2020, soit une baisse de 25 à 30 % des émissions de gaz à effet de serre. Dépassant de loin les objectifs fixés par le Protocole de Kyoto et l’Union européenne, cette ambition nationale implique de nombreux changements comportementaux, tant chez les particuliers qu’au sein des entreprises.
Le sommet de Copenhague, qui a débuté le 7 décembre, devrait donner jour à un nouvel accord international à la hauteur des enjeux : la communauté scientifique et les membres du GIEC attendent la division par moitié des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050 (par rapport à celle de 1990) afin de limiter l’augmentation des températures à 2 °C.

17 euros par tonne de CO2
Sans attendre ce nouveau texte, le gouvernement français a pris des mesures, parmi lesquelles la taxe carbone. En vigueur dès le 1er janvier prochain, cette contribution touchera tous les Français. L’idée est de donner un prix au carbone pour inciter ménages et entreprises à réduire leur consommation d’énergie fossiles (pétrole, gaz, charbon, GPL). Cette contribution s’élèvera à 17 euros par tonne de CO2 émise. Mais pas de “facture” de CO2 à la fin du mois ou de l’année... chacun paiera à l’achat, sur le modèle de la TVA. Dans les faits, cela se traduira par un prélèvement de l’ordre de 4,5 centimes par litre de fuel ou de gasoil, de 4 centimes par litre d’essence et d’environ 0,4 centime par kWh de gaz. Cette taxe devrait augmenter progressivement dans les années à venir. Le chef de l’Etat a également annoncé que pour les entreprises, son coût serait compensé par la suppression de la taxe professionnelle, dont la réforme est en cours.
Au niveau local, des initiatives sont prises, notamment par le Grand Lyon via son plan climat, élaboré en 2007. C’est ainsi que l’agglomération s’est engagée à réduire d’ici à 2020 (en référence à l’année 2000) de 20 % les gaz à effet de serre émis sur son territoire et à porter à 20 % la part d’énergie renouvelable dans la consommation d’énergie totale, et ce dans la perspective de réduire par quatre les émissions de ces gaz d’ici à 2050. Parmi les actions engagées : le Plan de Déplacements Inter-Entreprises (PDIE), soit un ensemble de mesures visant à faciliter et rationaliser les déplacements sur une zone d’entreprises en incitant salariés, clients et fournisseurs à utiliser d’autres moyens de transport que la voiture individuelle. À la clé, la mise en place de l’abonnement de transports en commun City Pass (financé à hauteur de 50 % par l’employeur), de tarifs avantageux pour l’acquisition des vélos à assistance électrique signés Vélogik (lire page 5), une société récemment labellisée Novacité, d’un site Internet www.covoiturage-grandlyon.com permettant de trouver la solution de co-voiturage adéquate, ainsi que des réductions proposées par le service de location de voitures Autolib’. En raison de leur impact positif sur l’environnement, leur mise en œuvre est encouragée par des aides financières et l’accompagnement des collectivités. À ce jour, cinq PDIE initiés par le Grand Lyon (avec un co-financement Région Rhône-Alpes et Ademe) en partenariat avec la CCI et les associations d’entreprises locales sont opérationnels : ceux du Plateau Nord et de la zone Techlid, celui du 7e arrondissement, celui de la Presqu’île et celui de la ZI Lyon Sud-est incluant les communes de Vénissieux, Corbas, Saint-Priest et Mions.

Lancement du club Développement durable
Le développement durable va donc au-delà du concept et représente désormais un enjeu stratégique pour les entreprises. En langage d’entrepreneur, cela se traduit par un mode de gestion basé sur une écoute de son marché intégrant les attentes sociales et environnementales. Pour cela, l’entreprise doit viser trois objectifs : efficacité économique, équité sociale et préservation de l’environnement. La CCI, en tant que premier interlocuteur des entreprises, est pro-active sur ce thème. En collaboration avec l’Ademe, elle propose aux PME un ensemble de prestations, notamment son pré-diagnostic Environnement et le programme Objectif Environnement Rhône-Alpes (lire page 4) destinés à repenser ses habitudes énergétiques et environnementales. En parallèle, CCI formation propose, depuis la rentrée, onze modules de formation (Développement durable, Responsabilité sociale…) aux PME souhaitant intégrer cette révolution verte. L’antenne CCI de Villeurbanne annonce, quant à elle, la création du club Développement durable sur le modèle du club Export. Une fois par mois, une dizaine de chefs d’entreprise se retrouvera, le temps de la pause déjeuner, pour discuter et échanger. Ce rendez-vous est organisé en partenariat avec le réseau villeurbannais Gevil et l’Association Pour la Promotion des Eco-entreprises Lyonnaises (Appel).

www.ademe.fr
www.ale-lyon.fr
www.eco-entreprises-appel.com
www.developpement-durable-gouv.fr


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